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La sécheresse s'aggrave : sols très secs et diminution des réserves en eau

Climat
lundi 14 septembre 2020  14H29
Ce début de mois de septembre reste très sec sur la France avec la prédominance de conditions anticycloniques. Le petit répit constaté au mois d'août sur le plan des précipitations, avec notamment une pluviométrie excédentaire au nord-ouest, sur les Alpes et la Corse, n'aura donc guère duré. La sécheresse est plus que jamais d'actualité notamment du nord-est au centre-est où la situation est préoccupante.

Après un mois de juillet historiquement sec, les précipitations ont été très hétérogènes au mois d'août. Certaines régions ont été très arrosées comme l'ouest des Hauts-de-France, la Normandie et l'ouest des Pays de la Loire avec 120 millimètres enregistrés à Abbeville (moyenne mensuelle de 70 mm), 107 mm à Deauville (moyenne de 67 mm) et 81 millimètres à Nantes (moyenne de 44 mm). A noter aussi des cumuls de pluie importants sur les Alpes et les Pyrénées-Orientales. Sur d'autres régions, la pluviométrie est restée très déficitaire, notamment du centre au nord-est ainsi que sur les régions proches de la Méditerranée, mais il convient de rappeler que la sécheresse estivale fait partie du climat des régions du sud-est.

Ensuite, au cours de la première décade de septembre il n'a quasiment pas plu sur la France. A Marseille comme à Ajaccio, on a même comptabilisé 75 jours consécutifs sans pluie du 14 juin au 27 août.

Sécheresse exceptionnelle en Champagne et Bourgogne

C'est dans le nord-est que la pluviométrie a été la plus faible sur la période printemps-été. On observe ainsi un déficit de 37% à Dijon, sur la période de 6 mois allant de mars à août, et jusqu'à 45% à Saint-Dizier en Haute-Marne. Cette commune a d'ailleurs battu des records de faible pluviométrie en juillet et en août avec respectivement 3 et 7 millimètres. Avec seulement 10 mm de pluie depuis le 1er juillet, jamais une telle période de sécheresse n'a été observée sur cette partie du Grand Est.

Au 1er septembre, les indices d'humidité des sols étaient très inférieurs à la normale sur les régions du nord-est et du centre-est ainsi que sur une partie de la région PACA. A l'inverse, on observait encore des sols humides entre Bretagne, Vendée et Normandie ainsi que sur le Roussillon et une partie des Alpes.

Le niveau des nappes phréatiques très déficitaire dans l'est

Au 1er septembre, selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), l’ensemble des nappes phréatiques affichait des niveaux en baisse. Rappelons que ce phénomène est habituel à cette période de l'année puisque l’eau réussissant à s’infiltrer dans les sols est entièrement reprise par la végétation. Seules exceptions, des recharges ponctuelles pendant le mois d'août ont atténué temporairement la baisse des nappes bordant la Manche, en Bretagne et Normandie.

Le BRGM observe des niveaux de nappes phréatiques très bas pour la nappe de la plaine alluviale d’Alsace. La situation continue de se dégrader sur les nappes réactives du Bassin parisien, de Lorraine et du Massif Central, sensibles au déficit pluviométrique de l'été. Le bénéfice de la recharge abondante de l’hiver dernier se ressent toujours et la situation au 1er septembre reste satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire. Enfin, la situation est peu favorable dans les secteurs accusant des recharges déficitaires depuis plusieurs hivers : nappes de la plaine d’Alsace, des couloirs de la Saône et du Rhône et de l’est du Massif Central.

Des conséquences importantes dans le domaine agricole et sylvicole

L'agriculture est l'une des activités les plus touchées par la sécheresse. Les rendements en céréales ont été nettement inférieurs à la normale. Pour de nombreux agriculteurs, il faut remonter à 2016 pour retrouver une moisson aussi défavorable. Les rendements en betteraves sucrières et maïs qui auront lieu cet automne s'annoncent également très déficitaires. Dans certaines régions comme la Champagne ou la Bourgogne, les colzas semés il y a un mois n'ont pas levés faute de pluie.

Chez les éleveurs, si la situation s'est améliorée dans l'ouest et le nord-ouest avec les précipitations du mois d'août elle s'est dégradée dans l'est et le nord-est. Les pluies et les orages sont en effet restés très aléatoires. Certaines prairies sont toujours jaunies et manquent d'herbe fraîche pour le bétail.

Dans le domaine forestier, les agents de l'ONF (Office National des Forêts) nous alertent sur le dépérissement progressif des forêts françaises en raison des périodes de fortes chaleurs et de sécheresse de plus en plus fréquentes. Du Bassin parisien au nord-est c'est la troisième année consécutive avec une longue période de sécheresse. Cela aboutit à la fragilisation des écosystèmes forestiers qui deviennent plus sensibles aux attaques d'insectes parasites.

A quand le retour de la pluie ?

Alors que 78 départements restent touchés par des restrictions d'eau sur une partie de leur territoire, l'évolution pour les prochains jours n'est toujours pas favorables au retour de la pluie. Au contraire, c'est un temps sec et très chaud pour la saison qui s'annonce jusqu'à mercredi prochain sur la majeure partie du pays. Avec des températures jusqu'à 10°C au dessus des normales de saison en début de semaine prochaine, la sécheresse va encore s'aggraver. Un changement de temps devrait toutefois se mettre en place en milieu de semaine par l'ouest et le sud avec le retour de quelques précipitations. Il est encore trop tôt pour savoir si ces pluies seront suffisantes et vraiment bénéfiques. A noter que les régions du nord-est les plus touchées par la sécheresse pourraient une nouvelle fois rester à l'écart de cette dégradation pluvieuse.

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