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Climat de juin en France : orages et premières canicules

dimanche 14 juin 2020  16H58
Chaque début de mois, La Chaîne Météo vous présente les principales caractéristiques climatiques qui règnent à cette époque de l'année en France métropolitaine. Le mois de juin marque l’entrée dans l’été, avec les jours les plus longs et de possibles premières canicules. Les orages sont souvent violents à cette période de l’année. Voici ce que peuvent vous réserver les mois de juin en France.

Le mois de juin est un mois estival avec le solstice d’été, le jour le plus long. L’hexagone peut connaître alors les premières canicules de l’été ainsi que de violents orages. C’est souvent un mois idéal pour prendre des vacances hors saison. Cependant, le beau temps n’est pas toujours au rendez-vous et de fortes pluies peuvent s’y produire. En haute montagne, le manteau neigeux se maintient et la végétation n’a pas encore atteint son développement maximal en raison de l’altitude.

(photo en illustration de la vidéo : ciel d'orage au-dessus de Paris, juin 2017, @Bertrand Kulik on flickr)

Températures de juin : les premières canicules

Bien que juin se caractérise par les jours les plus longs, avec le solstice d’été le 21, il ne présente pas les températures moyennes les plus chaudes en raison de l’inertie atmosphérique. C’est le 3 ème mois le plus chaud sur l’hexagone. Malgré tout, c’est le mois des premières véritables vagues de chaleur, voire même, des premières canicules. Certains mois de juin ont été très chauds : 2003, 2006 ou 2019 en sont des exemples marquants, où les températures ont pu atteindre les 40°C dans la moitié sud. Quant aux extrêmes, ils vont de -4,1°C à Mouthe (25) au matin du 13 juin 1956 et du 30 juin 1960, à 45,9 °C à Gallargues-le-Montueux (Gard) lors de la canicule de juin 2019, établissant le nouveau record absolu de chaleur sur la France métropolitaine tous mois confondus.

Valeurs extrêmes principales relevées en juin

 Min                                                                       Max

 -4,1°C, 30 juin 1960 à Mouthe (25)                       45,9 °C, 28 juin 2019 à Gallargues (30)

 -2,4°C, 5 juin 1991, à Charleville (08)                   44,4°C, 28 juin 2019 à Nîmes (30)

 -0,8°C, 5 juin 1976 à Romorantin (41)                   43,5°C, 28 juin 2019, à Montpellier (34)

 -0,6°C, 5 juin 1991 à Evreux (27)                          40,9°C, 26 juin 2019, à Clermont-Fd (63)

 -0,6°C, 3 juin 1962 à St Etienne (42)                     38,8°C, 30 juin 2019  à Strasbourg (67)

 

Une tendance au réchauffement très nette depuis les années 2000

Tout comme pour la saison printanière dans sa globalité, les mois de juin ont connu un réchauffement significatif depuis les années 2000 en France métropolitaine. Certes, les chaleurs de juin ne sont pas un fait nouveau, mais les moyennes ont augmenté de quasiment 3°C entre la décennie 1990 et la décennie 2000. Les mois de juin les plus frais se sont observés en 1923 et 1972, avec une série fraîche et humide entre 1950 et 1975.  Le dernier mois de juin inférieur aux moyennes était en 2013. Le plus chaud a été celui de 2003, l’été de la grande canicule, avec +4,1°C au-dessus des moyennes, suivi de 2017 et de 1976, l’année de « la grande sécheresse ». Des canicules remarquables et précoces s’y sont produites notamment en 2003, 2005, 2006, puis 2015, 2017 et 2019.

Ensoleillement en juin : les jours les plus longs

Le mois de juin marque le jour le plus long de l’année le 21, au moment du solstice. L’ensoleillement est donc particulièrement généreux, ce qui explique pourquoi la chaleur est parfois torride. On retrouve sur l’hexagone le traditionnel dégradé nord-sud, avec 100 heures de soleil en plus à Nice qu’à Lille par exemple. Cela est dû au passage de quelques perturbations atténuées le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord, apportant des passages nuageux, alors que le sud bénéficie désormais du plein soleil estival. En cette saison, indiquons que les littoraux sont plus ensoleillés que les montagnes, sur lesquelles les nuages orageux bourgeonnent par évolution diurne.

Précipitations : de gros orages

A cette époque de l’année, les dépressions atlantiques sont peu creuses et situées aux hautes latitudes. D’autres dépressions, associées à des gouttes froides, peuvent entraîner un temps orageux passager en Méditerranée. D’une façon générale, les pluies de juin sont essentiellement orageuses, et surtout localisées à proximité des reliefs : Pyrénées, Alpes du sud essentiellement. Ainsi, le découpage hexagonal est plutôt ouest-est, avec seulement 32,4 mm à Belle-Ile (56) contre 71,6 mm à Strasbourg. On relève en moyenne 34 mm à Nice et 64 mm mensuels à Lille. Des crues notables se sont produites dans les zones montagneuses, avec par exemple, juin 2013 dans les Pyrénées (la ville de Lourdes est ravagée), ou encore le 15 juin 2010, des crues éclairs liées à de violents orages font 23 victimes à Draguignan (Var). Les crues fluviales sont quasiment inexistantes en été, car les perturbations ne sont plus assez actives et l’évaporation est importante, mais il existe quelques exceptions, telles la crue de la Seine début juin 2016, ou encore, dans le passé, la grande crue de la Garonne en juin 1875, où le Maréchal Mac-Mahon avait eu cette exclamation désormais célèbre «  Que d’eau, que d’eau », en arrivant à Toulouse.

Principaux évènements météo survenus en juin depuis 1900

Vagues de chaleur et canicules

1931 : on relève 37°C à Clermont-Fd (63).

1947 : on relève de 32°C à 35°C sur toute la France, avec 35°C à Chartres.

1976 : sécheresse et canicule avec 36°C à Rennes et à Bourges.

1996 : 34°C à Paris, 37°C à Montpellier.

1998 : 33°C à Dinard, 36°C à Bordeaux.

2002 : canicule avec 38,4° à Montluçon le 17 juin.

2003 : la canicule persiste une bonne partie du mois avec 38°C dans la Loire, à Colmar (68) et Toulouse, 40,6°C dans la Nièvre et 41,5°C à Lézignan (11).

2015 : records de chaleur avec 37°C à Nantes et 40,2°C à Cazaux (33) le 30 juin.

2017 : vague de chaleur remarquable du 18 au 22 juin avec jusqu’à 37°C à Paris et 34°C à Dieppe (76).

2019 : canicule exceptionnelle fin juin, avec le record de France établi à 45,9°C à Gallargues-le-Montueux (30). On relève aussi 42°C à Saumur (49).

Coups de fraîcheur et neige

1936 : des gelées endommagent les récoltes en Champagne.

1962 : on relève -0,2°C à Vichy (03), -0,6°C à St-Etienne (42), et +0,4°C à Reims.

1980 : il tombe 5 cm de neige à Bourg-St-Maurice (73) à 900 m d’altitude.

1984 : la neige tombe dès 800 m sur les reliefs, avec 60 cm de neige à Villards-de-Lans (Vercors) à 1050 m d’altitude, et 40 cm à Val d’Isère.

1989 : il gèle au Touquet (62) avec -0,7°C !

1991 : records de froid avec 0°C à Nevers (58), -1°C à Evreux (27) et -2,4°C à Charleville-Mézières le 5 juin.

2001 : gel tardif avec -1°C à Fontainebleau (77).

Orages et tornades :

1901 : violents orages sur les régions centrales provoquant une tornade en Eure-et-Loir et couchant des arbres à Senlis (60).

1902 : une tornade fait 1 mort en Hte-Loire.

1904 : un orage provoque un torrent de boue meurtrier à Mamers (72), 17 victimes.

1914 : un orage historique fait 11 morts à Paris, les chaussées sont défoncées par les eaux.

1967 : le 24 juin, une série de tornades dévaste le Nord Pas-de-Calais (8 morts). Une rafale est mesurée à 200 km/h à Boulogne sur Mer !

1982 : énorme orage inondant Paris où il tombe 100 mm en une soirée.

1986 : les orages balaient l’Ile de France avec des rafales à 112 km/h à Melun.

1987 : un orage imprévu balaie le sud-ouest avec des rafales à 115 km/h à Bordeaux (5 morts).

1990 et 1991 sont très orageux avec des rafales jusqu’à 122 km/h au Bourget et 140 km/h à Orly.

1997 : le 16 juin, un violent orage provoque le déluge en Seine-Maritime avec des crues éclairs à St Martin de Boscherville (à côté de Rouen), faisant 4 morts.

1999 : le vent atteint 133 km/h à Strasbourg au passage d’un puissant orage.

2003 : le 1er juin, des coulées de boue ravagent Trouville (14) pendant un orage torrentiel.

2013 : une tornade EF3 se déclenche en Bourgogne.

2014 : du 8 au 10 juin, une série d’orages avec des grêlons géants (10 cm) bombarde l’Ile de France puis le Centre. Les dégâts sont considérables.

Inondations

2000 : le 10 juin, crue de la Garonne suite à des pluies diluviennes sur les Pyrénées.

2010 : le 15 juin, des orages stationnaires déversent près de 400 mm en 24 h dans le Var, provoquant la catastrophe de Draguignan (crue éclair) et la mort de 23 personnes.

2013 : crue majeure du Gave de Pau, ravageant la ville de Lourdes (65), faisant 3 morts et plus de 10 millions d’Euros de dégâts.

2016 : crue exceptionnelle de la Seine à Paris suite à des pluies ininterrompues tombées depuis la fin mai.

2020 : un épisode cévenol atypique pour la saison déverse jusqu'à 450 mm de pluie en Lozère, provoquant des crues (Gardons, Loire, Allier) dépassant les références de 2008. 

Tempêtes

Les tempêtes hivernales sont très rares, mais certaines ont pu surprendre pour la saison.

1965 : le 16 juin, tempête non prévue sur la moitié nord de la France avec 137 km/h en Bretagne et 155 km/h à Langres (52).

2019 : le 7 juin, la tempête Miguel souffle dans l’ouest avec 129 km/h à l’Ile d’Yeux (85). C'est un record pour un mois de juin.


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