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Sécheresse 2019 : quelles sont les régions les plus menacées ?

mercredi 20 mars 2019  12H13
Ce début d'année 2019 met en évidence de gros contrastes pluviométriques entre les régions du nord correctement arrosées et le sud-est épargné par les perturbations et accusant un gros déficit pluviométrique. Les épisodes de vent forts à répétition sur le pourtour méditerranéen ont été un facteur aggravant la sécheresse de surface.

Un hiver exceptionnellement sec près de la Méditerranée

Depuis le début de l'hiver, les régions méditerranéennes ont été presque toujours épargnées par les perturbations. Entre les périodes anticycloniques et les flux d'ouest à nord-ouest perturbés engendrant des épisodes de mistral et tramontane, les conditions météo n'ont pas été favorables à la pluie en Méditerranée. A Perpignan, on observe même un record de faible pluviométrie depuis l'ouverture de la station météo en 1925 avec seulement 19 millimètres enregistrés sur l'ensemble de l'hiver 2018-2019, l'ancien record datant de l'hiver 1994-1995 avec 25 mm.

 

 

A noter aussi un hiver très sec dans les vallées d'Auvergne et la Limagne : on ne relève que 38 millimètres à Clermont-Ferrand sur l'ensemble de l'hiver calendaire soit un déficit pluiométrique de plus de 50%.

 

 

Sur les autres régions, les cumuls de pluie sont proches ou légèrement inférieurs à la normale. Seules les régions situées au nord de la Seine présentent un excédent pluviométrique de 10 à 30% en raison d'une première quinzaine de mars très arrosée. A Lille on a relevé 80 millimètres du 1er au 17 mars alors que la moyenne mensuelle n'est que de 58 mm.

 

Les nappes phréatiques sont-elles bien remplies à la sortie de l'hiver ?

Selon les mesures effectuées par le BRGM au 1er mars 2019, la moitié des nappes phréatiques présente un niveau inférieur à la normale. Cela concerne surtout le nord-est et le centre-est du pays mais aussi une frange ouest de la France depuis le Bordelais en direction de la Bretagne et de la Normandie. Environ 1/3 des nappes présente un niveau proche de la normale entre le centre-ouest et les régions du sud-est. Enfin 18% des nappes phréatiques présentent un niveau excédentaire à la normale ; cela concerne les régions proches des Pyrénées et la Corse.

 

 

Selon le BRGM "la tendance d'évolution du niveau des nappes indique que la recharge se poursuit sur 62 % des points, avec des niveaux en hausse. Le nombre de points stables (21 %) ou orientés à la baisse (17 %) demeure important. Cette situation n’est pas habituelle pour cette période de l’année. On devrait en effet déjà observer une incidence beaucoup plus marquée de la recharge hivernale, ce qui n’est pas le cas sur une grande partie du territoire".

La situation n'est donc pas très favorable à l'arrivée du printemps avec des besoins en eau croissants avec la hausse des températures et l'éveil de la végétation.

 

Quelles régions sont menacées par la sécheresse ces prochains mois ?

Les régions du sud-est sont déjà exposées à une sécheresse importante de surface étant donné le peu de pluies tombées au cours de l'hiver et les épisodes de vents forts à répétition. Toutefois, les réserves hydrologiques dans le sous-sol sont encore importantes après l'hiver 2017-2018 très arrosé et le début d'automne 2018 très pluvieux. Cela explique le niveau correct des nappes phréatiques et même encore excédentaire sur l'île de beauté.

La situation est plus préoccupante entre l'Alsace et le centre-est avec des niveaux de nappes particulèrement bas et la menace d'une sécheresse importante en fin de printemps et début d'été si les précipitations ne sont pas significatives ces prochaines semaines, ce que semble indiquer nos prévisions saisonnières.

 

 

Dans l'ouest et le nord, le risque de sécheresse n'est pas d'actualité à court et moyen terme car les précipitations ont été proches des normales ces derniers mois et le niveau des nappes phréatiques est proche de la normale ou légèrement déficitaire.

Finalement, les conditions météo de ces prochains mois et le niveau des températures vont être à surveiller de près dans un contexte hydrologique qui n'est pas très favorable étant donné le niveau des nappes phréatiques déficitaire dans 50% des cas. D'autre part, des études ont démontré que des sols secs dès le printemps constituaient un facteur de risque de canicule pour l'été, bien que ce ne soit pas systématiquement le cas. Cette année, il serait souhaitable que l'été soit humide, ce qui n'est pas exclu à ce jour.

 

Voir aussi :

- Sécheresse : vers une accentuation ce printemps ?

- Tendance météo jusqu'à la mi-avril

- Nos prévisions saisonnières jusqu'au début de l'été


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